• Robert LeBlanc

mariage renforcé par la foi




Dans notre société de consommation, il semble que tout et n’importe quoi soit devenu une marchandise; jetable. La réussite est fondée sur la notion d'avoir la version la plus récente et la plus avancée de tout ce qui existe. Nous sommes constamment bombardés par le message selon lequel nous ne pourrons pas être complets sauf si nous possédons le dernier smartphone ou si nous conduisons le modèle de voiture le plus récent.

Malheureusement, ce modèle consumériste détermine également la façon dont de nombreux catholiques (pratiquants ou non) abordent les sacrements. J'ai assisté à de nombreuses réunions de parents sacramentels, seulement pour que la personne à côté de moi me dise que le don est un pillage d'argent, suivie de leurs meilleurs conseils de la façon de s'en sortir le plus rapidement possible.


Cela me chagrine encore plus quand je vois les gens qui voient le mariage de la même manière. Une fois que le lustre de la lune de miel s'est dissipé, il n'est pas rare de voir l'un ou l'autre conjoint s'égarerait, à la recherche d'une version plus récente ou avancée. Malheureusement, les chiffres présentés par les médias appuient cette observation et même encouragent ce comportement. Même notre vocabulaire est passé de la permanence de «conjoint», «épouse» ou «mari» à la notion plus transitoire de «partenaire» - faisant de notre autre significatif un choix ou une option.


Pourtant, l'idéal sociétal est le «jusqu'à ce que la mort nous sépare» d'un mariage heureux. Alors, comment cela est-il possible quand tout dans notre culture (des tabloïds dans les supermarchés ou des publicités à la télévision, par exemple) nous dit non seulement que c'est impossible, mais nous oriente dans la direction opposée ? En réfléchissant à plus de 20 ans de mariage, je me suis rendu compte que notre foi catholique a non seulement soutenu, mais a aussi renforcé notre mariage.


C'est vrai ! Notre foi catholique a donné à ma femme et à moi les ingrédients essentiels d’un mariage réussi: la confiance, le pardon, l’humilité, le service, le remerciement et la prière. Plus notre mariage est long et profond, plus je suis conscient de la façon dont ces tenants de la foi catholique ont approfondi ma relation avec ma femme.



La confiance


L’invitation au mariage contemporaine que j’ai souvent reçue annonce : «Aujourd’hui, j’épouse mon meilleur ami.» Bien que cela soit un peu vrai, si vous suivez la volonté de Dieu, vous épouseriez le jour de votre mariage celui que Dieu vous a choisi à votre conception pour vous féliciter et vous compléter ; la personne qui vous améliore. C'est pourquoi le Christ nous enseigne : "C'est pourquoi un homme doit quitter sa mère et son père et doit être uni à sa femme, et les deux deviendront une seule chair." (Mt 19,5)


Si vous ne pouvez pas vous faire confiance à vous-même, alors à qui pourriez-vous faire confiance ? L'amour ne nous appelle pas à enfermer l'autre dans un placard, en le gardant pour nous-même. Le mariage nous appelle à complimenter et à compléter l’autre, l’aidant à devenir la personne que Dieu l’a appelé à être, l’aidant à aller au paradis. En faisant cela, nous construisons la confiance. Une confiance que notre conjoint nous soutiendra n’importe quoi. Une confiance que notre épouse nous tiendra une épaule sur laquelle à pleurer. Une confiance que notre conjoint sera à notre côté non seulement dans les moments de joie, mais aussi dans les moments de douleur. Une confiance que, lorsque notre conjoint nous ramène sur le chemin de Dieu, c’est parce qu’ils nous aiment.


Cette confiance en notre épouse nous libère, nous permettant de devenir la personne que Dieu nous a créée d’être.



Le pardon


Dans sa lettre aux Ephésiens, Saint Paul nous exhorte à: «Éloignez de vous toute amertume et colère, colère et querelle et diffamation, ainsi que toute malice, et soyez gentils les uns envers les autres, au cœur doux, en se pardonnant mutuellement, comme Dieu en Christ vous a pardonné. ”(Eph 4,32)


Comme dans toute relation, il y aura quelque chose que votre mari ou votre femme ferait qui vous rendrait dingue. C’est inévitable. Chaque fois que je rencontre un de ces rares moments, avant de dire quoi que ce soit à ma femme, je respire profondément et je me rend compte qu'il y a probablement cent fois plus de bêtises que je fasse qui rendraient ma femme un million de fois plus folle que la petite geste insignifiante devant moi à ce moment. Ayant vu trop de montagnes faites de fourmilière, je ne dis pas un mot et la pardonne en silence.


Ne vous méprenez pas ; pardonner n’est pas un simple détournement du regard ; pardonner, c’est voir la faute de l’autre et dire: «Je vous aime quand même.» Pardonner, ce n’est pas nécessairement rester silencieux non plus, si le problème est suffisamment important, il pourrait persister comme une marmite qui mijote et, éventuellement s’explose. Étant donné que leur peine de vous avoir blessé sera bien plus grande que celle qu’il vous a causée, l’une des choses les plus difficiles à faire est de dire à votre conjoint comment il vous a fait du mal. Ayant dit ceci, rien ne pourrait renforcer la confiance en l’autre et rendre votre mariage plus fort que de dire: "Tu m'as fait mal, mais je t'aime quand même."



L’humilité


Le mariage n'est pas pour les égoïstes.


Apprendre à pardonner est probablement la partie la plus facile de la vie en couple, par contre apprendre à se faire pardonner et à demander du pardon est probablement la plus difficile. Il faut un cœur humble pour reconnaître le mal qu’il a fait et de demander du pardon.


De plus, dans une culture qui nous disait depuis notre naissance d’être fort, indépendant et de suivre nos rêves, il est difficile de mettre tout ceci à côté et de commencer à dire «nous» au lieu de «moi» et «je». C'est probablement la raison pour laquelle l’épître aux Ephésiens 5,21-33 est l’écriture la moins récitée aux liturgies de mariage. La majorité des femmes ne veulent pas inclure le deuxième verset : «Femmes, soyez soumises à vos maris comme vous êtes au Seigneur» (Eph 5,22) et à juste titre - aucun individu ne devrait être soumis à un autre, surtout dans le mariage. En s'arrêtant ici, cependant, elles manquent la meilleure phrase qu'elles pourraient jamais demander : "Maris, aimez vos femmes, tout comme le Christ a aimé l'église et s'est livré pour elle, ..." (Eph 5,25) Oui, en tant que mari, l’homme est appelé à mourir à lui-même, afin qu'il puisse aider son épouse à se rapprocher aux cieux. Gardant cela à l'esprit, le mari et la femme doivent se rappeler qu'ils ne sont plus deux, mais ils sont devenus un; et donc ils ont besoin de penser comme une unité cohérente. Le mari et la femme doivent laisser leur ego à l'autel.



Le service


«Je, ____, vous prends, ____, d'être mon époux(se) légalement, d'en avoir et d’en tenir, à partir de ce jour, pour le meilleur et le pire, en richesse et en pauvreté, en maladie et en santé, jusqu'à ce que la mort nous sépare. »


Devant Dieu et devant leurs amis et leur famille, les époux prêtent serment de service perpétuel l’un envers l’autre. Dans le dynamisme de la jeunesse, avec leurs vies et les opportunités devant eux, il est facile pour les jeunes mariés d’entendre leurs vœux simplement comme «pour le meilleur, en richesse et en santé» tout en oubliant qu’il pourrait (et va) y avoir un «pour le pire, en pauvreté et en maladie. »


Le mariage est «jusqu’à ce que la mort nous sépare», toute une vie. Il y aura des moments où l'un des conjoints sera appelé au service de l'autre. Cela deviendra d'autant plus évident lorsque nous vieillissons ensemble, lorsque les corps tombent dégénèrent physiquement et que les ressources financières se dissipaient. À chaque fois que le travail, la famille ou les tâches ménagères semblent nous submerger, un époux s’engagerait pour aider l’autre. À chaque fois que ma femme ou moi reconnaît que nous ne pourrions pas le faire sans l’autre, la réponse est toujours la même: «Nous sommes une équipe. »



Le remerciement


La sagesse populaire donnée aux jeunes mariés le jour de leurs noces est généralement : «Ne vous couchez jamais en colère». Pourtant, lors d'une homélie prononcée lors du mariage d'un cousin, j'ai entendu de meilleurs conseils: «Tous les soirs, avant d'aller au lit, mets-toi à genoux et dites une prière de remerciement pour votre épouse. » Et moi, je le fais toutes les nuits ! Je remercie Dieu d’avoir eu la prévoyance de nous créer l’un pour l’autre lors de notre conception, afin de nous compléter.


Le mariage est également le meilleur endroit pour créer une culture de remerciement. Lorsque le mari et la femme font l’effort de se remercier mutuellement pour leurs petits actes de gentillesse, pour le moindre de tâche ménagère, ils créent un foyer d'amour et de joie. L’amour et la joie qui se créent est encore plus grand lorsque les époux se remercient mutuellement pour le banal – d’avoir lavé les vaisselles, plié le linge, nettoyé les toilettes. Lorsque des enfants voient ce remerciement mutuel des conjoints, cela fait partie de ce qu’ils croient être normal, et les aidant à créer une culture de remerciement dont le monde a désespérément besoin.



La prière


« La famille qui prie ensemble reste ensemble. »


La responsabilité principale d'un mari est d'aider sa femme à aller au paradis. La responsabilité principale d’une femme est de guider son mari au paradis. Ensemble, leur responsabilité principale, en tant que parents, est de montrer à leurs enfants le chemin au paradis. Pour nous tous, le chemin qui mène aux cieux consiste à renforcer notre relation avec Dieu, par le Christ dans la prière.


La prière dans le mariage peut être aussi simple que de dire l’action de grâce avant les repas. Une pratique qui a grandi chez nous depuis la prière classique jusqu'à en devenir plus fluide, personnelle et publique (lorsque nous mangeons au restaurant par exemple). Nous avons également développé l’habitude d’une bénédiction matinale, un moment de prière demandant la grâce de Dieu en tant que famille avant que nous prenions nos chemins divers. À l’heure coucher, nous prierons aussi, en famille ou individuellement, en remerciant Dieu pour ses nombreuses bénédictions de la journée. D’encore plus importance, en famille nous célébrons ensemble les sacrements et assistons régulièrement à la réconciliation, à la messe et à l’adoration eucharistique. À travers cette vie de prière, notre famille s'est non seulement réjouie de remerciement dans les bons moments, mais a également trouvé du réconfort et soutien dans les moments les plus difficiles.



Chaque famille est aussi unique que ses membres. Chaque couple marié s'apercevra que ces aspects de la foi catholique vont s'imprégner et soutenir leur mariage d'une manière différente. Quand, en tant que couples mariés, nous choisirons de dire: «Jésus, je te fais confiance !» lui permettant de guider notre mariage à travers notre foi catholique, nous constaterons que nos mariages peuvent devenir un rempart durable, un phare parmi les vagues tumultueuses de notre culture actuelle.


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